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CAMPO : pour une plus grande mobilité des compétences entre le Cap-Vert et l’UE

CAMPO : pour une plus grande mobilité des compétences entre le Cap-Vert et l’UE

Le projet CAMPO vise à renforcer les capacités du Cap-Vert en matière de gestion de la migration de travail et des retours dans le cadre du partenariat pour la mobilité établi avec l’UE

Le Cap-Vert et la migration

Ces dernières années, le Cap-Vert a connu des flux migratoires importants, à tel point que presque chaque famille a un parent en train de migrer ou appartenant déjà à la Diaspora. Le nombre estimé de Cap-Verdiens vivant à l’étranger est généralement considéré supérieur au nombre de ceux qui vivent au Cap-Vert.

On estime qu’environ 150.000 Cap-Verdiens vivent actuellement dans l’UE, mais c’est au Portugal que réside la plus grande communauté de Cap-Verdiens. En 2009, le service portugais des étrangers et des frontières a dénombré 48.845 migrants cap-verdiens vivant légalement au Portugal (cependant ce nombre n’inclut pas les personnes ayant la double nationalité, ni les migrants irréguliers).

Dans ce contexte, en 2007, le Cap-Vert et l’Union européenne ont signé un partenariat, selon lequel les deux parties acceptent de coopérer dans le cadre d’un certain nombre de domaines, notamment la migration. En 2008, le Cap-Vert, le Portugal, le Luxembourg, la France, l’Espagne et la Commission européenne ont signé le partenariat pour la mobilité. Le but de ce partenariat est de promouvoir le flux légal de personnes et de coopérer activement à la gestion de la migration, notamment la promotion de la migration légale et la prévention de la migration irrégulière. C’est dans ce contexte qu’est né le projet CAMPO.

Le projet CAMPO en bref

Le projet CAMPO a débuté en 2009, et devrait prendre fin en décembre 2011. L’IPAD (Institut portugais pour l'aide au développement) est l’organisme chargé de la mise en œuvre du projet avec l’aide d’autres partenaires ; au Portugal : le bureau local de l’Organisation internationale pour les migrations – OIM ; le Haut-commissariat à l'immigration et au dialogue interculturel – ACIDI ; en Espagne, l’Agence espagnole de coopération internationale pour le développement – AECID et au Cap-Vert, l’Institut des Communautés – IC et l’Institut de l’Emploi et de la Formation Professionnelle – IEFP. La Commission européenne est le donateur principal (78%), mais le Portugal et l’Espagne cofinancent également l’action (12% et 10%).

L’objectif principal du projet CAMPO est de promouvoir la mobilité légale entre le Cap-Vert et l’UE. Afin d’y parvenir, le projet souhaite:

  • faciliter la correspondance entre les capacités et les postes vacants et fournir des informations sur les canaux de migration, afin de promouvoir l’usage des canaux légaux ;
  • faciliter la réintégration au sein du marché du travail du Cap-Vert pour les Cap-Verdiens revenant des pays de l’UE, et les aider à utiliser au mieux les capacités et les ressources qu’ils ont acquises durant leur séjour, pour leur profit et pour le développement du Cap-Vert.

Le projet est composé d’une équipe de quatre médiateurs et les activités principales consistent à orienter les migrants cap-verdiens potentiels en prévision de leur départ ainsi qu’à orienter la réintégration des migrants qui pourraient revenir au pays. Basé dans la capitale, Praia, le projet CAMPO coopère également avec neuf Centres d’emploi et de formation professionnelle – CEPF – d’autres îles, dans une optique de proximité. Les médiateurs du projet CAMPO et les fonctionnaires des CEPF sont constamment en contact grâce à une base de données et un forum en ligne ainsi qu´un contrôle et une assistance rapprochés.

Orientation en prévision d’un départ : vaut-il mieux rester ou migrer ?

L’orientation en prévision d’un départ est offerte aux personnes qui envisagent la migration pour mener une vie meilleure, notamment aux étudiants, aux migrants professionnels, aux parents de migrants et autres.

L’orientation en prévision d’un départ consiste d’abord à analyser les conditions économiques et sociales des migrants potentiels dans leur pays d’origine. Ensuite, les médiateurs tentent de comprendre quelles sont les conditions espérées dans le pays de destination. Le migrant potentiel est amené à faire une comparaison entre les conditions existantes dans le pays d’origine et les conditions espérées dans le pays de destination. Si la migration n’offre pas la possibilité de meilleures conditions, les médiateurs CAMPO informent les personnes des possibilités au Cap-Vert, qu’il s’agisse de formations ou même de la création et de l’investissement dans un emploi indépendant. Ce faisant, le projet CAMPO établit un réseau de partenariats informels avec des universités, des écoles, des ONG, des banques et d’autres institutions, devenant ainsi une plateforme de dissémination de l’action et des programmes au Cap-Vert.

Dans les cas où la migration offre la possibilité de meilleures conditions pour les personnes, celles-ci seront informées des aspects légaux pour déposer une demande de visa. Lorsque les personnes ont obtenu un visa du consulat approprié, elles retournent au projet CAMPO, où les médiateurs les informent de leurs droits et devoirs en tant que migrants : notamment les aspects légaux de leur séjour, l’aide sociale, l’accès aux soins de santé, les possibilités de formation professionnelle, les impôts, les comptes bancaires, le logement, le transport mais également qui contacter en cas de discrimination.

Dans le cas de l’orientation en prévision d’un départ et afin d’aller à la rencontre du terrain, le projet CAMPO anime également des séances de sensibilisation pour la communauté sur les avantages de la migration légale et les inconvénients de la migration illégale.

Orientation dans le cadre de la réintégration : comment tirer profit d’une expérience de migration ?

On entend fréquemment les migrants dire à quel point ils aimeraient retourner dans leur pays d’origine. De plus, les liens existants entre la migration et le développement, et les contributions de la migration au développement, sont actuellement une priorité politique. En réalité, de nombreux migrants souhaiteraient utiliser dans leur pays d’origine les connaissances, les compétences et les économies qu’ils ont acquises durant leur séjour.

Au Projet CAMPO, les médiateurs informent les candidats au retour à propos des possibilités d’investissement, des démarches légales pour créer une entreprise, des incitants fiscaux et des taxes, des lois du travail, de l’aide sociale, des possibilités de crédit et autres informations qui pourraient être utiles pour investir au Cap-Vert.

En plus de l’orientation dans le cadre de la réintégration, le Projet CAMPO mène également deux activités à titre gracieux ayant pour but de promouvoir l’usage des compétences et économies des migrants, de retour au Cap-Vert.

Tout d’abord, on attend du projet CAMPO qu’il aide les migrants hautement qualifiés de retour au Cap-Vert à donner des formations au sein des institutions nationales. L’activité est basée sur le transfert de compétences.

De plus, afin de promouvoir l’investissement des migrants, le projet CAMPO met actuellement au point un fonds de lancement de 10 000 € qui devrait aider jusqu’à dix migrants.

Plus d’informations sur http://www.campo.com.cv/