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La Journée de l'Afrique

Date de publication: 
26/05/2010

Message du Dr Jean Ping, Président de la Commission de l’Union Africaine à l’occasion de la commémoration de la journée de l’Afrique (25 Mai 2010) et déclaration conjointe de la Vice-présidente Catherine Ashton et du Commissaire européen au Développement, Andris Piebalgs, à l'occasion de la Journée de l'Afrique le 25 mai 2010.

Message du Dr Jean Ping, Président de la Commission de l’Union Africaine
A l’occasion de la commémoration de la journée de l’Afrique (25 Mai 2010)

Chers sœurs et frères du Continent,
Ami(e)s et partenaires de l’Afrique,
Comme tous les ans, nous célébrons aujourd’hui 25 mai 2010, la Journée de l’Afrique.

Cette année, nous avons voulu qu’elle soit placée sous le thème de « la consolidation et du maintien de la paix par le sport ». A quelques semaines de la 19è édition de la Coupe du Monde du football, organisée pour la première fois de son histoire sur notre continent, ce thème prend toute sa dimension. Il met en évidence, la volonté africaine de déployer tous les efforts possibles en vue de l’accomplissement de la vision d’une Afrique jouissant de la paix, intégrée, prospère et exerçant un rôle dynamique au sein du concert des Nations. Il fait aussi écho à la décision prise à Tripoli en août 2009, par nos Chefs d’Etat et de gouvernement de proclamer 2010, Année de la Paix et de la Sécurité en Afrique. Il remet également en mémoire, un moment fort et emblématique de l’Histoire du continent et qui a fait prendre conscience au monde entier, de la puissance du sport ainsi que de sa contribution en faveur de la paix et de la cohésion sociale. Souvenons-nous de la Coupe du Monde de rugby 1995 en Afrique du Sud qui a scellé la réconciliation de la nation arc-en-ciel, déchirée jusque-là par des décennies d’apartheid et ce grâce à l’implication personnelle d’un leader charismatique et visionnaire, le Président Nelson Mandela, qui a accompli un geste hautement symbolique durant la compétition : en portant le maillot des Springboks, considérée comme l’équipe des ennemis de la communauté noire, il ouvrait l’ère du pardon et chassait les craintes de représailles de la communauté afrikaner. Le sport est ainsi devenu un symbole d’unité retrouvée, de réconciliation nationale, un moyen pour une nation, au-delà de tous les clivages, de communier avec ferveur, par la grâce de « l’union sacrée » derrière l’équipe nationale. Le Président Mandela disait que «le football, aussi bien que le rugby, le cricket et les autres sports collectifs, a le pouvoir de guérir les blessures». Il s’agit d’un héritage dont le continent, à l’instar de l’ensemble de la population sud africaine, peut tirer non seulement fierté mais aussi des enseignements.

Les annales mondiales recèlent de nombreuses illustrations ayant montré que le sport pouvait contribuer à atteindre les objectifs de paix et de développement grâce notamment à son impact médiatique, à travers des actes symboliques comme la rencontre de football entre l’Arménie et la Turquie qui a entrainé la reprise des échanges diplomatiques entre ces deux nations. Le sport dispose aussi d’un potentiel sans égal de mobilisation dans la mondialisation, et sa capacité à drainer et à toucher les masses ainsi qu’à capter l’attention des jeunes générations, en fait un outil éducatif de formation, de sensibilisation et de promotion des valeurs de tolérance, de respect des règles du jeu et de l’arbitre, de courage, de bonne conduite, de rigueur, de courage, de persévérance, de l’effort, de l’humilité dans le triomphe, du contrôle de soi dans la défaite et de l’estime pour l’adversaire. En prônant aujourd’hui le sport comme instrument et véhicule puissant par lequel l’Afrique peut également promouvoir la paix, nous réaffirmons notre foi en ces valeurs inhérentes au sport qui rejoignent les valeurs humaines universelles et nos valeurs africaines partagées ainsi que notre conviction dans la nécessité de centrer davantage nos actions sur l’amélioration de l’Homme et de ses valeurs, à travers des activités qui lui permettront de s’épanouir comme le sport, les échanges et la compétition, pour pouvoir construire plus vite et plus efficacement la paix dans nos sociétés, entre nos Etats et avec le reste du monde.

Dans un continent qui continue à être le terrain privilégié des conflits en dépit de l’opérationnalisation de la plupart de nos instruments et de nos efforts inlassables, dans une région du monde qui compte le plus grand nombre de réfugiés et de personnes déplacées et où un certain nombre de processus de reconstruction dans les situations post-conflit sont engagés, le sport représente également un outil essentiel, pouvant d’une part, créer des liens et des attaches entre des communautés qui ont été divisées par des conflits et d’autre part améliorer les relations des forces et missions de paix avec les populations civiles. C’est dans ce cadre que s’inscrit par exemple, l’organisation par les Opérations des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) des tournois comme les Championnats d’Afrique des Nations (CHAN) avec la Confédération Africaine de football (CAF), un événement unique dans l’histoire des missions de maintien de la paix, à s’être déroulé dans un pays émergeant d’une crise. Le sport participe ainsi à la restauration d’un environnement pacifique propice aux élections.

La paix n’est pas simplement l’absence de guerre ; la paix est aussi synonyme de développement. Quant à notre continent, il recèle d’énormes potentialités qui restent toutefois sous-exploitées, mettant en exergue la nécessité de promouvoir les valeurs de solidarité pour lui garantir un meilleur avenir. Le sport, de par sa nature fédératrice qui implique la participation et entraine un phénomène d’inclusion et de citoyenneté, peut grandement y contribuer.

Pour ma part, dans ce nouveau contexte de la mondialisation auquel l’Afrique est résolument partie intégrante et acteur et en cette année 2010 durant laquelle plusieurs Etats africains célèbrent le cinquantième anniversaire de leur indépendance, je suis confiant dans notre volonté de concrétiser enfin ce rêve depuis si longtemps caressé par nos Pères fondateurs d’une Afrique indépendante, unie, prospère et en paix. Comme nous le suggère la devise de l’Olympisme, ne nous fixons guère de limites dans notre entreprise collective destinée à asseoir le développement durable de notre continent. Demeurons toujours des champions ambitieux et hautement performants pour assurer ensemble l’avenir et la Paix du continent. Citius, Altus, Fortius ! Plus vite, plus haut, plus fort ! Nous resterons unis pour une Afrique qui sait gagner !

A tous, je souhaite une excellente journée de l’Afrique !

Déclaration conjointe de la Vice-présidente Catherine Ashton et du Commissaire européen au Développement, Andris Piebalgs,à l'occasion de la Journée de l'Afrique le 25 mai 2010

Pour de nombreux pays en Afrique, 2010 représente une date importance. Il y a 50 ans, de nombreux mouvements d'indépendance ont en effet marqué le continent. Et aujourd'hui, par la "Journée de l'Afrique", nous célébrons la fondation de l'Organisation de l'Unité Africaine créée en 1963. C'était le premier pas vers l'Union Africaine telle que nous la connaissons aujourd'hui – 53 Etats liés dans une Union, regroupant la diversité et le dynamisme de l'Afrique moderne. Pour la Commission européenne, la Journée de l'Afrique est également l'occasion de regarder vers l'avenir. En particulier, il est important de continuer à travailler ensembles pour confirmer le succès de la première Stratégie conjointe entre l'Union européenne et l'Afrique adoptée il y a deux ans. Cette stratégie amène les relations entre les deux continents au-delà des relations traditionnelles basées sur le développement pour forger un véritable partenariat entre égaux. Ce partenariat dépasse aussi les institutions pour mettre l'accent sur les liens entre les peuples. Il a permis à l'Europe et l'Afrique de regarder au-delà de leurs propres frontières pour travailler ensemble à relever les défis mondiaux, comme par exemple le changement climatique. Un enjeu majeur et prioritaire reste la lutte contre la pauvreté. L'Union Européenne et l'Afrique doivent joindre leurs forces pour la préparation de la Conférence des Nations Unies à
Haut Niveau sur les Objectifs du Millénaire, qui aura lieu en septembre prochain. La lutte contre le changement climatique est également un sujet d'intérêt majeur pour nos deux continents. Nous allons travailler ensemble pour préparer la prochaine conférence de la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique à Cancun. Le développement durable et la promotion de la démocratie et de la bonne gouvernance demeurent aussi les priorités de notre partenariat. Mais peut-être avant tout, cette Journée de l'Afrique est-elle l'occasion de regarder vers le Sommet Afrique-Europe de Novembre, et vers l'adoption d'un nouveau plan d'action entre l'UE et l'Afrique pour les années à venir, fonde sur notre volonté commune : "Europe et Afrique – deux continents, un partenariat".