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L’Union Africaine (UA) et l’UE vont renforcer leurs liens commercial et économique

Date de publication: 
03/05/2013

Dans le cadre de la 6ème rencontre entre les Commissions de l’UA et de l’UE à Addis-Abeba, les Commissaires compétents des deux côtés se sont penchés le 26 avril sur les questions relatives au commerce, aux infrastructures, aux matières premières, à la bonne gouvernance en matière fiscale et à l’intégration régionale. Il s’agit, dans tous ces secteurs, de renforcer le partenariat à l’heure où l’Afrique est en voie de devenir une des régions au monde  avec la plus forte croissance économique.

Ce débat a réuni, du côté de la CUA, Dr. Maxwell Mkwezalamba (Affaires économiques), Dr. Elham Mahmoud Ibrahim (Infrastructures et Energie), Mme Fatima Haram Acyl (Commerce et Industrie), M. Erastus Mwencha (Vice-président), Mme Tumusiime Rhoda Peace (Economie rurale et Agriculture) ainsi que des représentants de la Banque africaine de développement, des Communautés économiques régionales, du NEPAD, et du côté de la CUE, MM. De Gucht (Commerce), Šemeta (Fiscalité, Douanes, Audit, Lutte anti-fraude), Cioloş (Agriculture et Développement rural) et des représentants de la Banque Européenne d’Investissement.

 

Programmes régionaux et politiques continentaux

En matière de commerce et développement, la nouvelle Commissaire Fatima Haram Acyl a présenté les priorités de l’UA pour 2013. Elles portent sur la mise en œuvre des décisions des sommets de l’UA en vue de:

  • stimuler les échanges commerciaux intra-africains,
  • instaurer à terme une zone continentale de libre-échange,
  • appliquer le Plan d’action de l’UA pour le développement industriel accéléré de l’Afrique (AIDA).

Les Commissaires De Gucht et Acyl ont souligné les importants bénéfices économiques, à la fois pour le commerce intra-africain et pour les échanges entre l’Afrique et l’UE,  devant découler de la facilitation des échanges commerciaux et le coût financier des mesures destinées à la mettre en oeuvre en Afrique. L’UE et l’Afrique joindront leurs efforts pour tenter d’obtenir à la prochaine conférence ministérielle de l’OMC à Bali, un accord sur la facilitation du commerce, et éventuellement sur d’autres sujets comme la sécurité alimentaire. 
Concernant les négociations d'Accords de partenariat économique régionaux,  l’UE et les pays africains vont intensifier leur dialogue politique afin de conclure les négociations dans les meilleurs délais, avec, à l’agenda, une prochaine visite à Bruxelles du vice-président de la CUA et de représentants de Communautés économiques régionales africaines ainsi que deux déplacements du Commissaire De Gucht en Afrique.

Dans le domaine des infrastructures, la Commissaire Ibrahim a lancé la discussion sur le Programme pour le développement des infrastructures en Afrique de l’UA. Le PIDA reste une priorité du partenariat UA-Afrique, à la fois en matière de l’énergie, des transports, des technologies de l’information et de la communication (TIC). Le soutien européen, à travers notamment le Fonds fiduciaire UE-Afrique pour les infrastructures géré par la B.E.I., a contribué à l’élaboration de projets finançables, avec une attention particulière pour les corridors de transport régionaux et les interconnexions.
Les participants ont aussi débattu de projets de coopération spécifiques tels les programmes d’appui à l’aviation civile, au transport aérien et aux applications de services par satellite en Afrique, la charte maritime, la coopération en matière de sécurité maritime et les projets de transports dans le cadre du PIDA...

Dans le secteur des matières premières, une prise de conscience de plus en plus forte s’observe dans l’UE et aux USA concernant la gouvernance, la transparence et les approvisionnements en matières premières. Le Commissaire De Gucht a évoqué la consultation publique en cours en vue d’une initiative de l’UE concernant le traçage des ressources minérales provenant de zones de conflits, y compris la transparence des paiements et la gestion des chaînes d’approvisionnement. Il a insisté sur l’importance d’actions conjointes et a également évoqué le sujet sensible de l’extraction de l’uranium destiné au secteur nucléaire dont l’Afrique devient un marché émergent. La CUA et la CUE vont poursuivre leur dialogue sur les matières premières et l’UA sera associée à la consultation sur les minéraux provenant de zones de conflits.

Au cours du débat sur la gouvernance en matière fiscale, le Commissaire Šemeta a souligné le lien entre la bonne gouvernance et l’objectif, crucial pour les pays en développement, d’une plus grande mobilisation de leurs ressources domestiques. Les deux Commissions ont convenu de collaborer, en particulier sur les prix de transfert, les financements illicites, la transparence en matière fiscale, la lutte contre les paradis fiscaux et la concurrence déloyale.

En ce qui concerne les objectifs d'intégration économique régionale en Afrique, le Commissaire Mkwezalamba a remercié l’UE pour son soutien renouvelé malgré la crise financière en Europe. L’UA collabore étroitement avec les Communautés économiques régionales africaines sur l’agenda de l’intégration. A terme, son objectif est la création d’une zone de libre-échange continentale. Le Commissaire Šemeta a souligné la nécessité de trouver “des solutions africaines aux problèmes africains” ; cependant, mais l’expérience de l’UE en matière de marché intérieur peut s’avérer très utile dans des domaines comme les cadres réglementaires et institutionnels, la politique de concurrence, les marchés publics, la proprièté intellectuelle, la nomenclature tarifaire, les règles d’origine, les méthodes d’évaluation douanières...
Parmi les actions de suivi, un atelier de travail UA-UE est prévu le 19 juin à Lusaka pour traiter de la gouvernance des marchés communs pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe et un séminaire UA-UE sera consacré aux questions de marché intérieur.

La Commissaire Acyl a introduit la discussion sur le Plan d’action de l’UA pour le développement industriel accéléré de l’Afrique (AIDA) qui nécessite d’importantes ressources financières. L’UE salue l’initiative consistant à débuter la mise en œuvre d’AIDA à partir de projets régionaux des Communautés économiques africaines. Certains projets pourraient déjà être présentés à la Conférence des ministres africains de l’Industrie (CAMI), en juin prochain à Nairobi. L’intégration régionale présente un intérêt mutuel pour l’UE et l’Afrique en termes de croissance et d’emplois, a rappelé de son côté le Commissaire De Gucht. Il a également estimé qu’une action conjointe UA-UE en marge du CAMI serait l’occasion de lancer un appel de fonds en faveur d’AIDA.